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  • L'hypocrisie : un piège depuis le commencement

    Église Fusion | Série : Galates — L'Évangile sans compromis | Message 4 « Moi, je retourne plus dans une église, c'est juste une gang d'hypocrites. »   Qui n'a pas entendu cette phrase ? Elle revient dans les conversations, sur les réseaux sociaux, dans la bouche de proches qui ont quitté la foi ou qui hésitent à y revenir. Et franchement — elle mérite d'être prise au sérieux plutôt que balayée du revers de la main.   C'est exactement ce que Paul fait dans Galates 2.11–21 . Il nomme l'hypocrisie là où elle se trouve, même chez l'apôtre Pierre. Et il nous montre que ce piège n'est pas une nouveauté : il remonte au commencement, et il menace encore l'Église aujourd'hui. Ce que l'hypocrisie dans l'Église ressemble concrètement   Avant d'entrer dans le texte, il vaut la peine de nommer les formes que l'hypocrisie prend dans nos milieux. Six pièges reviennent régulièrement.   Dire une chose et vivre l'inverse. Prêcher l'amour le dimanche et ignorer son voisin le lundi. Parler de pardon tout en gardant rancune. Ce décalage entre la parole proclamée et la vie vécue est l'une des premières causes de blessures dans l'Église. La morale à deux vitesses. Juger sévèrement les autres tout en excusant ses propres fautes. Les chrétiens qui appliquent des standards différents selon qui est dans la pièce. L'apparence spirituelle sans transformation réelle. Le bon langage, les bonnes pratiques, les bonnes positions doctrinales — sans que cela touche réellement le cœur ou le comportement hors des murs de l'église. L'utilisation de la foi pour dominer. Des leaders qui refusent toute remise en question, qui ne rendent de comptes à personne, qui s'abritent derrière « l'onction divine » pour exercer un pouvoir sans contrôle. Les victimes ne sont pas écoutées. C'est un terrain dangereux. Prêcher la grâce mais pratiquer la dureté. Une culture d'église perçue comme légaliste, qui impose ses standards de sanctification plutôt que d'accompagner la transformation intérieure. L'unité proclamée, la ségrégation pratiquée. Des préjugés envers certains groupes, des limitations dans les rôles de leadership selon l'origine ethnique ou le statut social. L'Évangile dit autre chose.   Ces réalités existent. Les critiquer n'est pas injuste. Certaines proviennent d'attentes idéalisées — personne ne sera jamais parfait, ni les pasteurs ni les membres — mais d'autres révèlent de vraies incohérences qui blessent des gens et qui écartent des personnes de Dieu. Il faut les nommer.   Pierre à Antioche : le portrait de l'hypocrisie   Le récit de Galates 2.11–21 se passe à Antioche. Pierre — le Pierre, l'apôtre, celui qui a reçu la vision en Actes 10 lui montrant clairement que la bonne nouvelle de Jésus-Christ était pour toutes les nations — mangeait librement avec les croyants non-juifs. Il vivait ce que l'Évangile enseigne : en Christ, il n'y a pas de distinction entre Juif et non-Juif.   Puis des gens de l'entourage de Jacques arrivent de Jérusalem. Et là, Pierre s'esquive. Il se retire. Il commence à se tenir à l'écart des non-Juifs, par crainte des « circoncis ».   Paul nomme la chose sans détour : c'est de l'hypocrisie. Et pire — Barnabas, un homme de Dieu d'expérience, un croyant solide, a été entraîné dans le même double jeu. L'influence de Pierre était si forte que d'autres ont commencé à faire comme lui.   Ce récit pose une question inconfortable : est-ce que notre comportement change selon qui est dans la pièce ? La pression sociale — même dans l'Église — peut nous pousser à jouer un double jeu. On ne vérifie pas les sources, on ne confronte pas les suppositions que les autres ont de nous. On s'adapte. Et ce faisant, on trahit l'Évangile.   Pourquoi c'est sérieux : une question d'Évangile   Paul ne corrige pas Pierre pour une question de protocole culturel. Il le fait parce que le comportement de Pierre envoyait un message théologique faux : la foi en Christ ne suffit pas — il faut encore adopter les pratiques juives pour appartenir pleinement au peuple de Dieu.   C'est ce que Paul appelle les « œuvres de la loi » — les marqueurs identitaires du judaïsme (circoncision, règles alimentaires, observance du sabbat) utilisés comme conditions d'appartenance. Mais la logique va plus loin. Partout où l'on dit « oui, tu es sauvé, mais il faut aussi que tu fasses ça … », on reconstruit la même structure. On ajoute quelque chose à la croix.   Paul l'affirme trois fois dans le passage pour qu'il n'y ait aucune ambiguïté : ce n'est pas par les œuvres de la loi que l'homme est déclaré juste, mais par la foi en Jésus-Christ.   La justification — être déclaré juste devant Dieu, être accepté dans son peuple — vient de la foi seule. Pas des sacrements accomplis, pas de la dîme versée, pas du baptême reçu, pas des commandements observés. Ces choses ont leur place dans la vie chrétienne, mais elles ne sauvent pas. C'est Jésus-Christ seul qui sauve.   Cette vérité est encore prêchée de travers au Québec. L'idée que « si tu es une bonne personne, tu vas être sauvé » est un Évangile d'œuvres. Paul s'y oppose radicalement.   La réponse au double jeu : vivre de l'intérieur   Alors si la loi ne dirige plus nos actes, qu'est-ce qui empêche de faire n'importe quoi ?   C'est l'objection que Paul anticipe — et c'est exactement la réaction qu'un jeune de notre église a eue récemment quand on lui expliquait la grâce : « Ça veut dire qu'on peut faire n'importe quoi ? »   La réponse se trouve au verset 20, l'un des versets les plus profonds du Nouveau Testament :   J'ai été crucifié avec Christ. Ce n'est plus moi qui vis, c'est Christ qui vit en moi.   Ce n'est pas un idéal lointain. C'est une réalité spirituelle. Le Saint-Esprit — l'Esprit de Jésus — habite en chaque croyant. Et Jésus en nous n'est pas sans puissance, sans direction, sans transformation. Ce n'est pas le chrétien qui s'efforce de « bien se comporter » par discipline personnelle. C'est Jésus qui vit sa vie en nous et à travers nous — dans l'amour, dans le don, dans l'authenticité.   L'hypocrisie est exactement l'opposé de ça : substituer le regard humain au regard de Dieu. Se cacher derrière un faux visage. Dissocier la vérité confessée de la vie vécue.   La solution, c'est laisser le Seigneur transformer la pensée de l'intérieur. Pas une performance externe, mais une transformation réelle.   Pierre n'est pas resté dans l'hypocrisie   Il y a quelque chose d'encourageant dans la suite de l'histoire de Pierre. Des années après l'incident d'Antioche, dans sa première lettre, il écrit à des croyants non-Juifs :   > Vous êtes une race élue, un sacerdoce royal, une nation sainte, un peuple acquis… Vous qui autrefois n'étiez pas un peuple, vous êtes maintenant le peuple de Dieu.   Il l'avait pleinement assumé. Il était sorti du double jeu. La transformation avait eu lieu — pas instantanément, mais réellement.   Et plus touchant encore : dans 2 Pierre 3.15–16 , Pierre parle de Paul comme d'un « bien-aimé frère » à qui Dieu a donné une sagesse particulière. L'homme qui l'avait repris publiquement — Pierre le cite avec tendresse et reconnaissance.   Il n'a pas gardé l'amertume. Il a grandi.   Pour toi, aujourd'hui   Y a-t-il un domaine de ta vie où tu joues un double jeu ? Un aspect de ta pensée ou de ton comportement qui change selon qui est dans la pièce ? Une vieille conviction sur les autres, sur toi-même, sur ce qu'un chrétien devrait faire — et tu sais au fond de toi que ce n'est pas ce que l'Évangile dit ?   Laisse le Seigneur t'affranchir là-dessus. Ce n'est pas toi qui dois te redresser par tes propres forces. C'est lui qui vit en toi, et il t'amène — comme il a amené Pierre — à marcher dans ce qu'il a pleinement pour toi.   Et si tu portes de l'amertume envers quelqu'un qui t'a repris avec raison — même si ça a été difficile, même si ça a fait mal — c'est peut-être le moment de pardonner. De relâcher. De passer à une vie libre dans l'amour et la vérité.   Pour aller plus loin : Ce message fait partie de la série Galates — L'Évangile sans compromis . Des capsules complémentaires sont disponibles sur la chaîne YouTube de l'Église Fusion et sur notre page Facebook. Des questions sur Galates 1 ou 2 ? Écris-nous — on y répondra en semaine. Message du pasteur David Naud résumé par Claude

  • L'Évangile de l'apôtre Paul approuvé !

    Série : Galates, l'Évangile sans compromis - partie 3 Comme il ne peut y avoir qu’un seul Évangile et qu’on ne peut pas y ajouter quoi que ce soit, l’apôtre Paul se propose de démontrer l’unicité de son évangile. Comment ? Au moyen d’un témoignage qui est en fait une thèse. Une thèse est une démonstration argumentée d'une théorie ou d'un point de vue spécifique, soutenu devant un jury. Quelle est cette thèse ?   Gal. 1.11-12  Je vous déclare, frères, que l’Évangile qui a été annoncé par moi n’est pas de l’homme; car je ne l’ai ni reçu ni appris d’un homme, mais par une révélation de Jésus-Christ.   Son argumentaire commence avec l’affirmation que son évangile est le résultat d’une révélation, qui est précisément le dévoilement d’une parole, d’une personne ou du plan de Dieu, inaccessible par un moyen humain quelconque. C’est pourquoi l’Évangile ne peut pas être une œuvre de la science, ni être prouvé par la science. Il est donné par Dieu, par le moyen d’une révélation qui doit être reçue par la foi. Toute modification de cette révélation salvatrice est un acte contre Dieu.   Paul soutient sa thèse grâce à cinq affirmations :   1) J’avais une profonde aversion pour l’Église (1.13-14) ; 2) J’ai été mis à part dès le sein maternel (v.15-16) ; 3) Je ne suis pas allé à Jérusalem pour consulter les premiers apôtres (v.17-24) ; 4) Ce n’est que quatorze ans après que j’ai rencontré les apôtres (2.1-10) ; 5) Ils m’ont approuvé.   La résistance que l’apôtre a rencontrée lors de sa présentation a mis en lumière deux grandes vérités pour nous : l’Évangile nous a délivré de la puissance du péché, et c’est la vérité ; et cette délivrance nous a rendus libres pour servir Dieu.

  • Un seul Évangile

    Série : Galates, l'Évangile sans compromis - Partie 2 La lettre aux Galates fait partie de ces deux grands textes de Paul (Romains et Galates) qui ont pour but de montrer que la loi ne peut pas justifier personne devant Dieu. Le début de la lettre aux Galates est d’autant plus intéressant, puisqu’il commence avec une affirmation sans condition : il n’y a qu’un seul Évangile. Le problème qui sous-tend tout ce texte de Paul est celui des judaïsants qui avaient infiltré leur communauté. Ceux-ci imposaient aux Galates l’observance de la loi mosaïque (notamment la circoncision et d’autres traditions) comme étant nécessaire au salut. Ils prônaient un ajout qui déformait l’essence de l’Évangile…  la loi de Moïse et la circoncision. Pour nous, les croyants bibliques, l'Évangile désigne la bonne nouvelle du salut  offert par Dieu à travers la vie, la mort et la résurrection de Jésus-Christ et le don du Saint-Esprit (1Co 15.1-9). Ceux qui ajoutent une quelconque loi ou pratique seront livrés au jugement d’anathème qui signifie être sous la malédiction de Dieu. Nous ne pouvons pas accepter aucun autre message que celui qui nous est donné par le témoignage apostolique (le NT). Aucune religion, dénomination, pratique religieuse ou de simplement aller à l’église, de prière, de prédicateur, de spiritualité ou de self-improvement  ne peut conduire ou produire une vie après la mort dans le ciel avec Dieu. Alors, rappelons-nous cette parole de Jésus : Je suis le chemin, la vérité, et la vie. Nul ne vient au Père que par moi . (Jean 14.6)

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