top of page

Recherche

88 résultats trouvés avec une recherche vide

  • Un héritage acquis et garanti

    Série : Galates, l'Évangile sans compromis - Partie 9 La richesse de ce qui nous a été promis est inestimable. Bien que nous soyons encore dans ce monde, l’apôtre Paul nous dit que nous sommes des héritiers. Pour être un héritier, il faut posséder un lien filial avec le détenteur de cette richesse, comme un fils qui hérite de son père. Bien, c’est ce que l’apôtre Paul nous affirme. Jésus est venu dans ce monde pour nous racheter. Ce rachat a créé ce lien filial avec Dieu de sorte que nous sommes devenus ses héritiers. Un peu de patience et nous entrerons dans l’indescriptible richesse du Royaume de Dieu. Dans ce texte de Galates 4.12, l’apôtre Paul nous introduit à l’histoire du salut. Au moyen d’une comparaison, celle de l’héritier enfant, il décrit la condition des héritiers qui est semblable à celle des esclaves. Comme les esclaves sont soumis à des maîtres, de même celui qui doit héritier les biens du père est soumis à des gardiens ou des tuteurs qui décident tout pour lui. Cependant, lorsque le temps marqué par le père arrive à terme, l’héritier devient le possesseur des biens et il peut en faire ce qu’il veut. Cette comparaison s’apparente à ce que Dieu a fait au travers de l’histoire. Depuis la chute d’Adam l’histoire de l’homme fut gouvernée par le principe du salut. Tout au long de son déroulement, et cela en dépit de toutes les faillites humaines, Dieu laisse entrer son plan du salut par des visions, des rêves, des prophètes et leurs prophéties annonçant ce qui arrivera. C’est pour cette raison que l’apôtre nous dit que lorsque « les temps furent accomplis, Dieu a envoyé son Fils, né d'une femme, né sous la loi ... ». L’incarnation du Christ Jésus avait pour but de racheter tous ceux et celles qui étaient pour ainsi dire sous la garde de la loi, qui représente les exigences morales de Dieu. Ce rachat fut de toute importance parce qu’il a effectué ce que l’apôtre appelle « l’adoption ». Par la mort et la résurrection du Seigneur Jésus, un lien filial a été créé de sorte que notre statut est passé d’étranger à fils et fille de Dieu. Ce nouveau statut a fait de nous des HÉRITIERS ! Maintenant, nous participons à l’héritage du Christ Jésus, de sorte que tout ce qui est à lui est à nous. Ce qui nous permet d’hériter de tout, c’est la réception du Saint-Esprit. Toute personne habitée du Saint-Esprit est enfant de Dieu et héritière de toute la création et sa richesse. C’est pour cette raison que nous ne pouvons plus vivre dans ce monde selon nos pensées et nos pratiques d’autrefois. Par l’Esprit et pour l’héritage qui nous attend, nous devons marcher par l’Esprit et ne plus se soumettre aux pratiques du monde. Donc, si je suis un enfant de Dieu, je suis héritier de la promesse des nouveaux cieux et de la nouvelle terre et de tout ce que ce nouveau monde sera.

  • La loi ne sauve pas — mais elle pointe vers Jésus

    Série : L'Évangile sans compromis - Partie 7 Pourquoi Dieu aurait-il donné quelque chose qui ne peut pas nous sauver ? C'est la question au cœur de Galates 3. L'apôtre Paul la pose lui-même, sans détour : «Pourquoi donc la loi ?» C'est une question décisive — et la réponse qu'il donne change tout à la façon dont on comprend la vie chrétienne. Si vous avez déjà ressenti le poids de vouloir mériter l'amour de Dieu à force de bonne conduite, d'efforts religieux, ou de règles à respecter, ce passage est pour vous. Et si vous avez déjà pensé « je suis quand même une bonne personne » comme raison suffisante pour être bien avec Dieu, ce passage est encore plus pour vous. Un testament que rien ne peut annuler Paul commence par une image du droit civil que tout le monde comprend : un testament notarié est irrévocable. Une fois authentifié, personne ne peut venir le modifier, l'annuler ou y ajouter des conditions. Même pas un oncle encombrant qui débarque quinze ans plus tard avec un nouveau papier. Son argument est simple mais percutant : si même un document humain est intouchable, combien plus la Parole de Dieu lui-même ? Dieu a fait une promesse à Abraham. Il l'a établie librement, souverainement, sans négociation. Et la loi, venue 430 ans plus tard par l'intermédiaire de Moïse, ne peut pas venir modifier les termes de cette promesse originale. « L'héritage reste celui de la promesse, pas celui de la performance. » Il y a une distinction importante que Paul soulève ici entre deux mots : alliance (berit en hébreu) et testament (diatheke en grec). Une alliance implique deux parties, des engagements mutuels, des conditions des deux côtés. Si une partie faillit, l'accord est compromis — c'est la logique de la loi. Un testament, lui, est un acte unilatéral. Le testateur décide seul. Les héritiers ne négocient rien : ils reçoivent. Et c'est exactement ce que Dieu a fait avec Abraham. Il s'est engagé seul. La promesse ne dépend pas de notre performance. Elle dépend de sa fidélité. Voilà pourquoi c'est une bonne nouvelle : Dieu s'engage avec toute la chaleur d'une relation personnelle, mais avec la solidité d'un testament que rien ni personne ne peut défaire. La promesse faite à Abraham s'accomplit en Jésus-Christ Paul va ensuite remonter aux racines : la promesse faite à Abraham dans Genèse 12. « En toi seront bénies toutes les nations de la terre. » Ce n'est pas une promesse d'abord géographique — un morceau de territoire. C'est une promesse centrée sur une descendance, un peuple, et une universalité : toutes les nations. Et Paul fait un choix délibéré : il remonte à Abraham, pas à Moïse. Pourquoi ? Parce qu'Abraham vient avant la loi. Sa justification devant Dieu — déclarée juste par la foi — précède de 430 ans l'arrivée de la Torah. La foi précède la loi. La grâce précède l'obligation. La descendance à qui la promesse a été faite, nous dit Paul en Galates 3.16, c'est le Christ. Une descendance singulière, qui récapitule tout. Et si vous êtes en Christ, vous êtes, par lui, fils et filles d'Abraham. Cohéritiers de toutes les promesses. Qu'est-ce que ça veut dire concrètement ? Paul et l'ensemble du Nouveau Testament déploient cette réalité en cascade : Promesse d'une descendance : Jésus, fils de David, fils d'Abraham Promesse d'une bénédiction pour toutes les nations Promesse d'un roi éternel Promesse de la nouvelle alliance par son sang Promesse d'un cœur nouveau et de l'Esprit Promesse du pardon total Promesse de la résurrection et de la vie éternelle Et 2 Corinthiens 1.20 résume tout cela : « Toutes les promesses de Dieu sont oui en lui. » Si vous êtes en Jésus-Christ, toutes ces promesses sont pour vous. Pas à cause de ce que vous avez accompli, mais à cause de ce qu'il a accompli. Pourquoi donc la loi ? Trois éclairages essentiels Si la promesse précède la loi et si la loi ne peut pas sauver, à quoi a-t-elle servi ? Paul pose lui-même la question, et les réponses qu'il esquisse sont riches. Premièrement, la loi a servi à contenir les transgressions. Elle a établi un ordre moral dans la vie d'Israël, révélant ce qu'est la sainteté de Dieu et délimitant ce qui constitue une transgression dans le cadre de l'alliance. Un frein au chaos moral, en attendant la venue du Christ. Deuxièmement, la loi révèle et multiplie la conscience du péché. Romains 5 et 7 le disent clairement : sans la loi, Paul ne connaissait pas le péché. Ce n'est pas que la loi provoque plus de mauvaises actions — c'est qu'elle expose ce que nous faisions déjà sans le savoir. La convoitise, l'orgueil, la dureté du cœur : plus on connaît la loi de Moïse, plus on réalise qu'on est pécheur. Plus profondément pécheur qu'on le pensait. Troisièmement, la loi définit et délimite les transgressions dans le cadre de l'ancienne alliance, jusqu'à la venue de Jésus-Christ. Dans tous les cas, la conclusion de Paul est la même : Christ est la réponse. La loi te montre le problème. Jésus vient le régler. C'est comme un miroir : le miroir ne répare pas ce qu'il montre. Il révèle. Jésus, lui, transforme. Le piège de croire qu'on est « quand même une bonne personne » Il y a un réflexe très québécois — et très humain — qui consiste à se dire : « Je suis quand même une bonne personne. J'aide mon voisin. Je donne à des organismes. Je fais de mon mieux. » Je comprends cette logique. Mais voilà le problème : tant qu'on pense comme ça, on ne réalise pas pleinement à quel point on manque la sainteté de Dieu. On diminue la nécessité de ce que Christ a accompli. On ramène la croix à un geste pour les vraiment mauvais — pas pour nous. Et quand on vit dans cette posture, la vie chrétienne devient terne, extérieure, routinière. On adhère à quelques principes. On vient à l'église parce que ça paraît bien. Mais il n'y a plus de reconnaissance profonde pour son pardon et sa vie, plus de ferveur, plus de dépendance vivante au Seigneur. Le verset 22 de Galates 3 frappe fort : « L'Écriture a déclaré le monde entier prisonnier du péché. » Ce n'est pas une condamnation gratuite — c'est une libération quand on en réalise le sens. Car c'est précisément lorsque tout espoir humain s'effondre que la promesse divine peut être reçue comme ce qu'elle est vraiment : un don pur. Grimper une échelle ou recevoir un cadeau ? Beaucoup de gens vivent leur vie spirituelle comme s'ils grimpaient une échelle pour atteindre Dieu — plus d'efforts, plus de discipline, plus de mérite. Mais la Bible dit autre chose : c'est Dieu qui est descendu vers nous en Jésus. Il n'a pas donné des règles pour nous faire mériter son amour. Il a fait une promesse pour nous le donner. La loi est temporaire. Elle avait une fonction pédagogique et révélatrice dans l'économie de l'alliance. Mais exiger son observance après la venue de Christ, c'est vivre comme si Jésus n'était pas venu — comme si le nouveau testament n'avait pas été écrit. Nous sommes dans la nouvelle alliance, par le sang de Jésus. C'est un testament fiable, irrévocable, signé par Dieu lui-même. Et ce que cette réalité produit en nous, c'est une triple posture : Une foi humble : je ne peux pas me sauver, mais Jésus peut. Une foi confiante : Dieu a déjà promis, et il est fidèle à accomplir. Une foi dépendante : je reçois Jésus au lieu de performer — et c'est lui qui transforme de l'intérieur ce que la loi ne pouvait pas changer. Et vous ? Est-ce que vous vivez votre vie chrétienne dans la reconnaissance de ce que Jésus a accompli ? Ou est-ce que vous portez encore le poids de devoir mériter votre place devant Dieu ? Galates 3.22 conclut magnifiquement : « Afin que ce qui avait été promis soit accordé par la foi en Jésus-Christ à ceux qui croient. » Tout est par la foi en Jésus-Christ. Non pas par la performance, non pas par l'appartenance ethnique ou religieuse, non pas par un effort moral soutenu — mais par la foi. Si vous êtes en Jésus-Christ ce matin, vous êtes déclaré juste devant Dieu. Vous êtes fils ou fille de Dieu. Cohéritier avec Christ. Porteur du Saint-Esprit. Libre du péché et de la mort. Et vous entrez dans la gloire à venir. Ce n'est pas une récompense que vous avez méritée. C'est un héritage que vous avez reçu. Message du pasteur David Naud résumé par Claude

  • La foi seulement la foi

    Série : Galates, l'Évangile sans compromis - Partie 6 Je me suis posé une grande question : pourquoi Dieu exige-t-il la foi ? Cela nous amène dès le début des premiers chapitres de la Genèse. La nature de la relation créationnelle est une relation de foi. Nous avons été créés pour dépendre de Dieu pour notre existence. Comme créatures, nous serons maintenues en existence pour l’éternité. Cela ne changera jamais, même au ciel. Même si un mot n’est pas écrit dans la Bible, l’idée peut être présente. Le mot Trinité n’est pas écrit dans la Bible, mais l’idée de la Trinité est présente dans le Nouveau Testament. Lorsque Ève a cru le mensonge du diable, elle a placé sa « foi » dans le mensonge du démon. Elle a douté de Dieu. Elle a désobéi au commandement « tu ne mangeras pas ». Ainsi, la foi et le commandement étaient présents dès le commencement. C’est ce que nous retrouvons dans notre passage, Galates 3.5-14. Dans ce passage, Paul défend l’introduction des païens dans la famille de Dieu. Il utilise l’exemple d’Abraham et la promesse que Dieu lui avait faite, lorsqu’il a cru Dieu et que Dieu le déclara juste sur la base de sa foi. La loi ne peut produire que la colère et la condamnation. Cependant, sur la base de ce qu’un autre a fait, dans sa générosité extraordinaire, place au compte de celui et celle qui croient la justice acquise de Christ. Il a pris sur lui notre condition de coupable et il a payé notre répugnante facture, nos péchés par la crucifixion, afin qu’une promesse vieille de 4 000 ans s’opère pour nous, les non juifs (païens). Dieu avait prévu de bénir toutes les nations en sa descendance. Paul nous dit que la descendance est « Jésus le Christ ». Son œuvre devient donc la porte du salut. Pour entrer dans cette promesse, il n’y a que la foi pour les Juifs et pour les païens. Quelle était donc cette promesse ? Christ nous a rachetés de la malédiction de la loi, étant devenu malédiction pour nous - car il est écrit : Maudit est quiconque est pendu au bois, afin que la bénédiction d’Abraham eût pour les païens son accomplissement en Jésus-Christ, et que nous reçussions par la foi l’Esprit qui avait été promis. (Gal. 3.13-14) La promesse a été donnée il y a 4 000 ans et elle a été rendue efficace il y a 2 000 ans, en la personne et l’œuvre de Jésus le Christ. Aujourd’hui, cette promesse est accessible par la foi seule. C’est pourquoi, il est écrit : La volonté de mon Père, c’est que quiconque voit le Fils et croit en lui ait la vie éternelle. (Jean 6.40) Dieu tient toujours ses promesses.

  • La grâce scandaleuse : quand Dieu pardonne l'impardonnable

    Des scandales qui font jaser Récemment, une jeune femme de Laval était arrêtée pour avoir volé jusqu'à 90 000 $ à des personnes âgées en à peine neuf mois. Des scandales, nous en connaissons. Ils choquent, ils divisent, ils font jaser. Mais dans ce blog, je veux vous parler d'un autre scandale. Un scandale d'un genre tout à fait différent. Un scandale non pas de corruption ou de violence, mais de grâce. Un scandale merveilleux. La grâce scandaleuse. Le roi le plus méchant de Juda Dans le deuxième livre des Chroniques, chapitre 33, vous y trouverez le portrait de Manassé — probablement le roi le plus méchant que Juda ait jamais connu. Manassé avait 12 ans lorsqu'il devint roi. Il régna 55 ans à Jérusalem. Et pendant une grande partie de ce règne, il fit tout ce qui est mal aux yeux de l'Éternel. Le bilan est accablant : il rebâtit les hauts lieux que son père avait renversés, il éleva des autels aux Baals, il se prosterna devant l'armée des cieux, il plaça une idole sculptée dans le temple de Dieu lui-même, il fit passer ses propres fils par le feu dans la vallée de Ben-Hinnom, il s'adonna à la magie et à la sorcellerie. L'Éternel lui parla, et Manassé n'y fit point attention. Regardez un film sur Manassé, et vous vous dites : Est-ce possible d'être aussi méchant ? Et pourtant...Dieu lui accorda quand même la grâce. Leçon 1 : On peut venir d'une bonne famille et faire de mauvais choix Voici ce qui rend l'histoire encore plus frappante : le père de Manassé, c'était Ézéchias. Et Ézéchias n'était pas n'importe quel roi — c'était l'un des meilleurs. La Bible dit de lui qu'« il se confia en l'Éternel, le Dieu d'Israël. » Ézéchias avait purifié le temple, détruit les idoles, rétabli le culte à Jérusalem, brisé le serpent d'airain — ce symbole qui était devenu une cause d'idolâtrie — et appelé le peuple à revenir à Dieu. Il avait même vu mourir 185 000 soldats assyriens en une seule nuit par l'intervention directe de Dieu. Il avait prié devant la mort imminente et Dieu lui avait accordé 15 années supplémentaires de vie. C'est précisément dans ces 15 années supplémentaires que Manassé est probablement né. Un enfant du miracle. Le fils du meilleur roi. Élevé dans un environnement spirituel exceptionnel. Et pourtant. La foi ne coule pas dans les veines. Elle entre dans le cœur. Jean 1 :12-13 l'enseigne clairement : ceux qui deviennent enfants de Dieu ne le deviennent pas « du sang, ni de la volonté de la chair, mais de Dieu. » La filiation biologique ne remplace jamais la nouvelle naissance spirituelle. « Dieu n'a pas de petits-enfants. Il n'a que des enfants. » Un bon environnement aide. Il inspire, il protège. Mais il ne sauve pas. Caïn lui-même avait grandi dans le meilleur environnement qui soit — avec Adam et Ève, dans un monde que Dieu venait de créer bon. Et pourtant, il a assassiné son frère. J'aimerais dire à certains jeunes : ne jouez pas avec votre foi. La foi de vos parents ne remplace pas la vôtre. Et pour ceux qui viennent de familles difficiles — bonne nouvelle : vous n'êtes pas condamnés parce que vos parents n'aiment pas Dieu. Chaque personne doit choisir sa propre relation avec le Seigneur. Leçon 2 : Le péché nous rend sourds à Dieu Ce qui frappe dans le récit de Manassé, ce n'est pas seulement la gravité de ses actes. C'est cette phrase terrible : « L'Éternel parla à Manassé et à son peuple, mais ils n'y firent point attention. » Le péché ne fait pas seulement tomber. Il rend sourd. Au début, on sait encore ce qui est mal. Mais tranquillement, insidieusement, le péché nous enduit d'une carapace. Hébreux 3 :13 nous avertit : « Exhortez-vous les uns les autres chaque jour, afin qu'aucun de vous ne s'endurcisse par la séduction du péché. » Le péché est trompeur. On commence à accepter des choses qu'on n'aurait jamais acceptées auparavant. La voix de Dieu ne disparaît pas — mais nos cœurs deviennent de moins en moins conscients. Moïse l'avait prévu dans le Deutéronome, chapitre 8 : « Lorsque ton peuple sera rassasié, prospère et fier, fais attention d'oublier Dieu. » Mes amis québécois : on mange bien au Québec. On est bien au Québec. Certains chiâlent même quand la tempête de verglas n'est pas aussi forte qu'annoncée. Mais attention — ne laissez pas votre frigo plein, votre véhicule et votre chalet vous faire oublier le Dieu qui vous aime tant. Quand les gens commencent à vivre pour le plaisir, pour le pouvoir, pour les idoles du moment, Dieu devient secondaire. L'Éternel parla à Manassé — et Manassé ne fit point attention. Toi aussi, tu peux oublier Dieu. Mais Dieu, lui, ne t'oublie jamais. Leçon 3 : La grâce de Dieu peut encore nous atteindre si nous nous humilions Et voici la partie qui scandalise les rabbins. Certains ont refusé de croire que Manassé ait pu être vraiment pardonné. Ils ont dit : « Il a fait trop d'erreurs. Dieu est juste. Il ne peut pas pardonner ça. » Ils préféraient croire que Manassé avait peut-être été pardonné sur terre, mais certainement pas au ciel. Mais le texte est clair. L'armée du roi d'Assyrie — la plus cruelle armée de l'antiquité — saisit Manassé, le lia de chaînes d'airain, et l'emmena en captivité à Babylone. Et c'est là, dans cette prison, dans la détresse la plus profonde, que quelque chose se brise en lui. « Lorsqu'il fut dans la détresse, il implora l'Éternel son Dieu et il s'humilia profondément devant le Dieu de ses pères. » Et alors — et c'est là que ça devient scandaleux : L'Éternel se laissa fléchir. Il exauça ses supplications, le ramena à Jérusalem dans son royaume. Et Manassé reconnut que l'Éternel est Dieu. La crise n'était pas là pour le détruire. Elle était là pour le réveiller. Dieu utilise parfois les crises pour rouvrir des portes que le péché avait fermées. La prison de Manassé est devenue le lieu de sa conversion. Comme la porcherie du fils prodigue qui l'a amené à « rentrer en lui-même ». Certaines personnes ont besoin du ministère de la porcherie. Peut-être que tu vis une crise en ce moment. Un problème économique, une rupture, un deuil, une maladie. J'aimerais te dire : quelle que soit la crise, accroche-toi à Jésus. Les crises ne sont pas là pour t'emmener au suicide. Elles sont là pour t'emmener à Dieu. Qu'est-ce que la grâce — et ce qu'elle n'est pas La grâce biblique, c'est l'amour immérité de Dieu. Une faveur, un don, une générosité que tu n'as pas gagnée et que tu ne mérites pas. J'ai eu une promotion au travail un jour. Un collègue m'a dit : « Lui ? Ce n’est pas mérité. » J'ai été le voir et je lui ai dit : « Tu as raison. C'est la faveur de Dieu dans ma vie. » La grâce, c'est plus qu'une promotion. C'est Dieu qui t'aime avant que tu mérites quoi que ce soit. Qui pardonne vraiment — pas de ce pardon conditionnel qui surveille tes prochains pas. La grâce qui vient vers des personnes brisées, coupables et honteuses. Et qui dit non seulement « tu es pardonné », mais « tu peux devenir nouveau ». Mais attention : la grâce n'est pas une permission de pécher en paix. La grâce est gratuite, mais elle a tout coûté à Jésus et dans un sens elle te coûte tout aussi. Elle te coûte ta vie — parce que quand tu réalises ce qu'on t'a donné, tu veux tout donner en retour. La grâce n'est pas l'absence de vérité ni de conséquences. Elle n'est pas une logique pour banaliser le mal. La grâce est l'action de Dieu. La repentance est notre réponse. Conclusion : Un scandale merveilleux Si Dieu a pardonné Manassé — le roi le plus méchant de Juda — alors il peut te pardonner, toi. Un ami d'école m'a reconnu un jour alors que je prêchais. Il s'est levé et m'a dit, incrédule : « Toi, tu es rendu prédicateur ? Non, pas toi. » Il avait raison. À 100 %. C'est un miracle. Si Dieu est capable de me changer, il peut changer n'importe qui. La grâce est scandaleuse parce qu'elle ne devrait pas exister. Et pourtant, elle existe. Elle t'a aimé avant que tu sois aimable. Elle t'a cherché avant que tu cherches. Alors aujourd'hui, si tu t'es éloigné — reviens. Si tu es dans la détresse — implore. Si tu es enchaîné — humilie-toi. L'Éternel se laisse fléchir. Message du pasteur Emmanuel Diafwila résumé par Claude.

  • Sortir de la nuit : le parcours de foi de Nicodème et Jean 3.16

    Il y a des versets bibliques qu'on connaît si bien qu'on finit par ne plus les entendre. Jean 3.16 en est l'exemple parfait : affiché sur des banderoles dans les stades, partagé sur Instagram, gravé sur des bijoux. En un verset, tout l'Évangile. Et pourtant, combien d'entre nous connaissent vraiment le contexte de cette parole ? À qui Jésus la disait-il ? Et surtout : qu'est-ce que ça change ? Nous allons explorer le parcours d'un homme qui a tout changé pour moi dans la lecture de ce verset : Nicodème. Qui était Nicodème ? Le prénom Nicodème vient du grec Nikodêmos : nikos (victoire) et dêmos (le peuple). Victorieux du peuple. C'est la marque Nike qui nous en rappelle la racine. Mais ce qui est frappant, c'est de découvrir à la fin de son histoire à quel point ce nom était prophétique. Nicodème était un pharisien, un chef des Juifs. Un intellectuel brillant, un homme profondément versé dans la Loi de Moïse et les Écritures. Pas un ignorant. Pas un sceptique qui n’a pas fait de recherches sur le messie. C'est précisément ce qui rend son parcours si interpellant. Épisode 1 — Jean 3 : la nuit de la curiosité La première fois qu'on rencontre Nicodème, c'est dans l'obscurité. Il vient trouver Jésus de nuit. "Maître, nous savons que tu es un enseignant envoyé par Dieu, car personne ne peut faire ces signes miraculeux que tu fais si Dieu n'est pas avec lui." (Jean 3.2) Il reconnaît quelque chose d'extraordinaire en Jésus. Mais il vient en secret. Peut-être par peur de ce que ses collègues pharisiens penseraient. Peut-être parce qu'il n'est pas encore prêt à s'afficher. Jésus lui répond avec une parole déconcertante : "À moins de naître de nouveau, personne ne peut voir le royaume de Dieu." Nicodème, l'homme de connaissance, bute sur cette image. Il pense en termes biologiques : "Comment un homme peut-il naître quand il est vieux ?" C'est cette incompréhension même qui provoque la réponse de Jésus — et quelques versets plus tard, le verset le plus célèbre de la Bible : "Car Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse pas, mais ait la vie éternelle." (Jean 3.16) Jean 3.16 n'est pas une affiche de stade. C'est une réponse personnelle. C'est Jésus qui parle à un homme religieux, cultivé, sincère — et qui lui dit : ta religion ne suffit pas. Quelque chose de nouveau doit naître en toi. Nicodème repart dans la nuit. Sans réponse explicite à Jésus. Sans déclaration de foi. Le texte ne nous dit pas ce qu'il pense. Mais quelque chose a été semé. Épisode 2 — Jean 7 : la nuit de la défense Des mois passent. Dans Jean 7, la tension monte autour de Jésus. Les foules sont divisées : certains disent qu'il est le prophète, d'autres le Messie, d'autres encore cherchent à l'arrêter. Les chefs religieux sont furieux. C'est là qu'on retrouve Nicodème — non plus dans la nuit, mais dans la salle du conseil des pharisiens. Et là, il prend la parole : "Notre loi condamne-t-elle un homme avant de l'entendre et de savoir ce qu'il a fait ?" (Jean 7.51) Ce n'est pas encore une confession de foi. Il ne dit pas : "Jésus est le Messie." Mais il refuse qu'on condamne cet homme sans l'écouter. Il défend un principe de justice. Et dans ce contexte, c'est courageux. Ses collègues le remettent à sa place : "Es-tu toi aussi de la Galilée ?" — manière de dire : t'es-tu laissé embarquer dans cette folie ? Nicodème se tait. La scène se termine ainsi. Mais le cheminement intérieur continue. On voit un homme qui n'est pas encore prêt à tout mettre sur la table — mais qui ne peut plus se taire non plus. C'est une étape que beaucoup d'entre nous connaissent. Ce moment où on commence à défendre ceux qui croient, à trouver du bon sens dans la foi chrétienne, sans pour autant s'identifier pleinement à Jésus. On est dans le Jean 7 de notre vie. Épisode 3 — Jean 19 : sortir de la nuit Et puis vient la croix. Jésus est mort. Les disciples sont terrés dans une maison, morts de peur. Tout semble terminé. C'est à ce moment précis que Nicodème fait son entrée la plus mémorable. Avec Joseph d'Arimathée, il demande le corps de Jésus à Pilate. Il apporte 30 kg de myrrhe et d'aloès — une quantité royale, réservée aux plus grands. Et avec soin, avec honneur, il enveloppe le corps de Jésus dans des bandelettes et le dépose dans un tombeau neuf. "Nicodème, l'homme qui auparavant était allé trouver Jésus de nuit..." (Jean 19.39) L'évangéliste Jean veille à rappeler qui est cet homme. Ce n'est pas un détail. C'est l'arc narratif complet : celui qui était venu dans la nuit est maintenant en plein jour, exposé, identifié. Il ne défend plus un principe. Il honore un Seigneur. Les disciples — ceux qui avaient suivi Jésus durant trois ans — se cachent. Nicodème, lui, sort de l'ombre. Au risque de sa réputation. Au risque de sa vie. Avant même d’avoir vu le Christ ressuscité. C'est là, je crois, que Nicodème a réellement placé sa foi en Jésus-Christ. Non pas dans un moment d'euphorie, mais dans la fidélité silencieuse à celui qui est mort, reconnaissant que le Messie a donné sa vie pour le pardon de ses péchés, et ceux de l’humanité (Ésaïe 53). La leçon de Nicodème pour nous Ce qui me touche dans ce parcours, c'est sa lenteur réaliste. Comme plusieurs québécois, Nicodème ne fait pas une décision instantanée au premier culte. Son cheminement s'étire sur des mois, peut-être des années, à travers des doutes, des questions, des demi-pas. Et Jésus ne l'abandonne pas entre Jean 3 et Jean 19. C'est une grâce pour tous ceux qui se trouvent en chemin. Peut-être vous reconnaissez-vous dans l'un de ces moments : Jean 3 — Vous commencez à explorer la foi, mais en secret. Vous lisez, vous posez des questions, mais vous n'êtes pas prêt à en parler autour de vous. Jean 7 — Vous commencez à défendre les chrétiens, à trouver sensé de croire en un créateur, mais vous ne vous identifiez pas encore pleinement à Jésus. Jean 19 — Vous êtes prêt à vous afficher. À dire : "Moi aussi, je crois en lui." Peu importe ce que les autres pensent. Où en êtes-vous dans ce processus ? Jean 3.16 : ce n'est pas une affiche — c'est une invitation Il y a quelque chose d'émouvant à réaliser que Jean 3.16 a été dit à quelqu'un qui se croyait déjà juste. Nicodème connaissait les Écritures mieux que la plupart. Il respectait la Loi. Il était considéré. Et Jésus lui dit : ta connaissance ne suffit pas. Tu as besoin d'être né de nouveau. Au Québec, on entend souvent : "Je suis une bonne personne." Et c'est peut-être vrai. Mais la bonté humaine n'est pas le critère. Jean 3.16 nous dit que Dieu a tant aimé — non pas parce que nous le méritons, mais parce que c'est sa nature. Et il a donné son Fils pour que nous puissions être réconciliés avec lui. C'est ça, l'Évangile. Pas une religion de performances. Pas une liste de règles à respecter. Mais une relation offerte gratuitement, scellée par le sacrifice de Jésus-Christ, rendue accessible à quiconque croit. Quiconque. Pas seulement les pharisiens cultivés. Pas seulement les gens bien. Vous pouvez mettre votre prénom à la place de ce mot. Pour conclure Le parcours de Nicodème nous rappelle que la foi n'est pas toujours un interrupteur qu'on actionne d'un coup. C'est souvent un cheminement — fait de questions, de demi-pas, de silences, et un jour, d'un acte décisif. Là où vous en êtes dans ce parcours, Jésus vous parle comme il a parlé à Nicodème. Pas avec condescendance. Avec amour. Car Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse pas, mais ait la vie éternelle. Cet article est tiré du message Sortir de la nuit du dimanche de Pâques 2026 de l'Église Fusion, Granby, Québec. Pour en savoir plus ou pour rejoindre notre communauté, visitez notre site ou passez nous voir le dimanche matin.

  • L'expérience d'une vie

    Série : Galates, l'Évangile sans compromis - partie 5 Il y a quelque chose d'étrange dans la question que Paul pose aux Galates. Ce n'est pas une question de doctrine abstraite. C'est une question qui part de leur vécu : « Vous avez reçu le Saint-Esprit. Vous avez vu des miracles. Vous avez cru l'Évangile et votre vie a changé. Alors pourquoi êtes-vous en train de tout abandonner pour revenir à vos propres efforts ? »   Galates 3.1–5 est peut-être l'un des passages les plus personnels de l'apôtre Paul. Il ne débat pas, il ne cite pas les Écritures — il interpelle. Il pointe vers ce que les Galates ont eux-mêmes vécu, touché, expérimenté. Et c'est là que le message nous rejoint, nous aussi. « Qui vous a ensorcelés ? »   Paul commence fort. « Galates sans intelligence ! Qui vous a ensorcelés ? » Le mot grec utilisé — baskainō — est le seul emploi de ce terme dans tout le Nouveau Testament. Il signifie littéralement jeter le mauvais œil, ensorceler. C'est une expression forte, presque choquante.   Le mot traduit par « sans intelligence » ne signifie pas que les Galates sont stupides. En grec, il désigne des gens qui ne font pas usage de leur intelligence dans une situation donnée. Autrement dit : vous savez quelque chose, vous avez reçu quelque chose de réel — mais vous agissez comme si ça ne comptait plus.   Ce reproche est à la fois intellectuel et moral. Paul leur dit : réveillez-vous. Rappelez-vous ce que vous avez vécu. Rappelez-vous ce que vous m'avez entendu prêcher.   Et combien cette réalité se reproduit encore aujourd'hui. On peut recevoir une parole vraie, vivre une expérience authentique avec Dieu, et puis laisser entrer un mensonge — progressivement, subtilement — jusqu'à ne plus reconnaître où on en est. Les yeux se voilent. Le cœur s'égare. La source de la vérité passe au second plan.   La croix, affichée devant vos yeux   Paul ajoute une image saisissante : « vous aux yeux de qui Jésus-Christ a été décrit comme crucifié. » Le verbe utilisé en grec, prographō, signifie écrire publiquement, afficher, placarder. Comme une annonce posée sur un mur public pour que tout le monde la voie.   Paul avait prêché la croix avec une telle vivacité, une telle précision — Gethsémané, le procès injuste, la couronne d'épines, Golgotha — que les Galates pouvaient presque voir la scène devant eux. Ce n'était pas une doctrine abstraite. C'était une réalité présentée de manière vivante : Jésus-Christ, sans faute, sans crime, crucifié à leur place.   À cette époque, les crucifixions étaient visibles. Les gens pouvaient croiser, en entrant dans une ville, des criminels cloués sur des croix. Paul a décrit le Messie parfait subissant cette mort-là — portant nos injustices à notre place. Et ceux qui avaient entendu ce message l'avaient cru. Le Saint-Esprit avait agi. Leur vie avait changé.   Leur problème, dit Paul, n'est pas un manque d'information. C'est qu'ils abandonnent ce qu'ils savent déjà.   C'est une question qui mérite qu'on s'y arrête personnellement. Y a-t-il une vérité que vous avez reçue de Dieu — une révélation dans une période de prière, une parole entendue dans un sermon, une certitude reçue lors d'une lecture — que vous avez graduellement mise de côté ? Le problème n'est souvent pas ce qu'on ignore. C'est ce qu'on n'applique plus. La loi ou la foi ? La vraie question   La question centrale que Paul pose deux fois — au verset 2 et au verset 5 — est celle-ci : Est-ce par les œuvres de la loi ou par l'écoute de la foi que vous avez reçu l'Esprit ?   Depuis la Réforme protestante, l'interprétation classique comprend les « œuvres de la loi » comme les efforts moraux humains pour mériter la faveur de Dieu : obéir pour être béni, accomplir des actes religieux pour gagner sa grâce, accumuler des mérites pour appartenir à son peuple. Des théologiens contemporains comme N.T. Wright ajoutent à cela la dimension des marqueurs identitaires du judaïsme — la circoncision, les règles alimentaires, l'observance du sabbat — ces signes qui séparaient Israël des autres nations et servaient de critères d'appartenance.   Dans les deux cas, la logique est la même : tu dois faire quelque chose pour mériter ta place.   Et cet évangile là est encore prêché aujourd'hui. Si tu es une bonne personne, tu seras sauvé. Ou dans des versions plus subtiles : oui, tu crois en Jésus, mais tu dois aussi être baptisé / donner ta dîme / accomplir tel commandement pour être vraiment accepté de Dieu. Ce sont les mêmes chaînes, avec des noms différents.   L'Évangile de Paul dit exactement l'inverse : c'est Jésus qui accomplit la loi. C'est Jésus seul qui est juste. Et lorsque tu places ta foi en lui, tu n'es plus dans ta propre justification — tu es dans la sienne. Tu es déjà aimé. Tu es déjà accepté. Tu es déjà apprécié. Non pas parce que tu as fait quelque chose, mais parce qu'il a tout accompli.   Commencer par l'Esprit pour finir par la chair   Le verset 3 frappe par sa précision : « Après avoir commencé par l'Esprit, voulez-vous maintenant finir par vos propres forces ? »   La « chair » ne désigne pas ici le corps ou les désirs immoraux. Elle désigne tout ce qui relève de l'effort humain autonome — la tentative de vivre la vie chrétienne sans dépendance réelle à Dieu. Essayer de faire le bien sans lui. La chair, ce n’est pas juste faire le mal. C'est essayer de faire le bien tout seul.   On reconnaît ce glissement dans des réalités très concrètes :   Le croyant qui commence à lire sa Bible par désir de Dieu, mais qui finit par se sentir coupable chaque fois qu'il manque une journée. Il est passé de la relation à la performance.   Le parent chrétien qui veut produire des enfants parfaits, imposer la foi par la discipline et le contrôle, plutôt que de dépendre de Dieu pour leurs cœurs. C'est un stress spirituel constant — et une tâche qu'aucun être humain ne peut accomplir seul.   Le serviteur qui démarre dans la joie mais finit épuisé, se sentant indispensable, ayant perdu la légèreté parce que le service est devenu un fardeau humainement porté plutôt qu'une œuvre de l'Esprit.   Le leader qui organise, planifie, structure avec compétence — mais qui prie peu, qui dépend de son expérience plus que de Dieu.   Et peut-être la forme la plus insidieuse : la personne qui se demande constamment suis-je assez bien ? Est-ce que Dieu est satisfait de moi ? — toujours en quête d'une assurance qui ne vient jamais parce qu'elle cherche à la mériter.   Paul dit : vous avez commencé par l'Esprit. Pourquoi voudriez-vous finir par vos propres forces ? Comment discerner une vraie expérience de l'Esprit   Paul ne s'appuie pas sur des arguments doctrinaux pour convaincre les Galates. Il pointe vers leur expérience vécue comme preuve que la foi suffit. Mais cela soulève une question légitime : comment distinguer une expérience authentique du Saint-Esprit d'une simple émotion humaine ?   Les émotions sont réelles et bonnes — Dieu nous les a données. Mais elles ne sont pas une autorité finale. Voici quelques critères de discernement utiles.   Un alignement avec l'Évangile. L'Esprit ne contredit jamais la grâce, la croix, et l'identité en Christ. Si une expérience vous pousse vers la culpabilité écrasante ou la performance religieuse, ce n'est pas le Saint-Esprit qui agit. Et à l'inverse, une soi-disant révélation qui vous placerait au-dessus de la croix — comme si vous n'aviez pas besoin que Christ soit mort pour vous — n'est pas de l'Esprit non plus.   La direction de l'expérience. Le Saint-Esprit attire vers Dieu, produit l'humilité, centre sur Christ. Une émotion purement humaine tend à recentrer sur soi-même, amplifier l'ego, ou alimenter la peur et le contrôle.   Le fruit dans la durée. Une émotion seule est intense, mais elle passe. Quand l'Esprit de Dieu agit vraiment, il transforme en profondeur. Les changements s'inscrivent dans la durée.   La cohérence avec les Écritures. L'Esprit éclaire la vérité, il ne la contourne pas. Si ce que vous avez reçu résiste mal à la lecture de la Bible ou à la question d'un frère ou d'une sœur qui connaît les Écritures, méfiez-vous.   La confirmation communautaire. Dans le Nouveau Testament, l'expérience de l'Esprit n'est jamais totalement isolée. Elle est discernée dans la communauté. Paul écrit aux Corinthiens, aux Thessaloniciens, à toutes ses églises en les encourageant à discerner ensemble ce qui vient de Dieu. Être seul sur une île avec une révélation personnelle que personne d'autre ne peut confirmer mérite prudence. Revenez à ce que vous avez expérimenté   C'est finalement l'appel de Paul aux Galates — et son appel pour nous. Revenez à ce que vous avez reçu. Revenez au moment où quelque chose s'est passé entre vous et Dieu. Revenez à la simplicité de la foi en Jésus-Christ.   Peut-être que votre vie de prière est devenue sèche. Peut-être que le service est devenu mécanique. Peut-être que vous portez un fardeau que Dieu ne vous a pas demandé de porter seul.   La bonne nouvelle — c'est la même bonne nouvelle que les Galates ont entendue — c'est que ce n'est pas par vos propres forces que vous êtes appelés à vivre. Christ vit en vous. L'Esprit qui a agi au commencement continue d'agir. Et il n'attend pas que vous méritiez sa présence pour se manifester.   Ouvrez-vous à lui. Pas demain, pas quand vous vous sentirez assez bien. Maintenant, avec ce que vous êtes.   Pour aller plus loin : Ce message fait partie de la série Galates — L'Évangile sans compromis. Des capsules complémentaires sont disponibles chaque semaine sur la chaîne YouTube de l'Église Fusion et sur notre page Facebook. Des questions sur Galates 3 ? Écrivez nous — on y répondra en capsule en semaine. Message du pasteur David Naud résumé par Claude.

  • L'hypocrisie : un piège depuis le commencement

    Église Fusion | Série : Galates — L'Évangile sans compromis | Message 4 « Moi, je retourne plus dans une église, c'est juste une gang d'hypocrites. »   Qui n'a pas entendu cette phrase ? Elle revient dans les conversations, sur les réseaux sociaux, dans la bouche de proches qui ont quitté la foi ou qui hésitent à y revenir. Et franchement — elle mérite d'être prise au sérieux plutôt que balayée du revers de la main.   C'est exactement ce que Paul fait dans Galates 2.11–21 . Il nomme l'hypocrisie là où elle se trouve, même chez l'apôtre Pierre. Et il nous montre que ce piège n'est pas une nouveauté : il remonte au commencement, et il menace encore l'Église aujourd'hui. Ce que l'hypocrisie dans l'Église ressemble concrètement   Avant d'entrer dans le texte, il vaut la peine de nommer les formes que l'hypocrisie prend dans nos milieux. Six pièges reviennent régulièrement.   Dire une chose et vivre l'inverse. Prêcher l'amour le dimanche et ignorer son voisin le lundi. Parler de pardon tout en gardant rancune. Ce décalage entre la parole proclamée et la vie vécue est l'une des premières causes de blessures dans l'Église. La morale à deux vitesses. Juger sévèrement les autres tout en excusant ses propres fautes. Les chrétiens qui appliquent des standards différents selon qui est dans la pièce. L'apparence spirituelle sans transformation réelle. Le bon langage, les bonnes pratiques, les bonnes positions doctrinales — sans que cela touche réellement le cœur ou le comportement hors des murs de l'église. L'utilisation de la foi pour dominer. Des leaders qui refusent toute remise en question, qui ne rendent de comptes à personne, qui s'abritent derrière « l'onction divine » pour exercer un pouvoir sans contrôle. Les victimes ne sont pas écoutées. C'est un terrain dangereux. Prêcher la grâce mais pratiquer la dureté. Une culture d'église perçue comme légaliste, qui impose ses standards de sanctification plutôt que d'accompagner la transformation intérieure. L'unité proclamée, la ségrégation pratiquée. Des préjugés envers certains groupes, des limitations dans les rôles de leadership selon l'origine ethnique ou le statut social. L'Évangile dit autre chose.   Ces réalités existent. Les critiquer n'est pas injuste. Certaines proviennent d'attentes idéalisées — personne ne sera jamais parfait, ni les pasteurs ni les membres — mais d'autres révèlent de vraies incohérences qui blessent des gens et qui écartent des personnes de Dieu. Il faut les nommer.   Pierre à Antioche : le portrait de l'hypocrisie   Le récit de Galates 2.11–21 se passe à Antioche. Pierre — le Pierre, l'apôtre, celui qui a reçu la vision en Actes 10 lui montrant clairement que la bonne nouvelle de Jésus-Christ était pour toutes les nations — mangeait librement avec les croyants non-juifs. Il vivait ce que l'Évangile enseigne : en Christ, il n'y a pas de distinction entre Juif et non-Juif.   Puis des gens de l'entourage de Jacques arrivent de Jérusalem. Et là, Pierre s'esquive. Il se retire. Il commence à se tenir à l'écart des non-Juifs, par crainte des « circoncis ».   Paul nomme la chose sans détour : c'est de l'hypocrisie. Et pire — Barnabas, un homme de Dieu d'expérience, un croyant solide, a été entraîné dans le même double jeu. L'influence de Pierre était si forte que d'autres ont commencé à faire comme lui.   Ce récit pose une question inconfortable : est-ce que notre comportement change selon qui est dans la pièce ? La pression sociale — même dans l'Église — peut nous pousser à jouer un double jeu. On ne vérifie pas les sources, on ne confronte pas les suppositions que les autres ont de nous. On s'adapte. Et ce faisant, on trahit l'Évangile.   Pourquoi c'est sérieux : une question d'Évangile   Paul ne corrige pas Pierre pour une question de protocole culturel. Il le fait parce que le comportement de Pierre envoyait un message théologique faux : la foi en Christ ne suffit pas — il faut encore adopter les pratiques juives pour appartenir pleinement au peuple de Dieu.   C'est ce que Paul appelle les « œuvres de la loi » — les marqueurs identitaires du judaïsme (circoncision, règles alimentaires, observance du sabbat) utilisés comme conditions d'appartenance. Mais la logique va plus loin. Partout où l'on dit « oui, tu es sauvé, mais il faut aussi que tu fasses ça … », on reconstruit la même structure. On ajoute quelque chose à la croix.   Paul l'affirme trois fois dans le passage pour qu'il n'y ait aucune ambiguïté : ce n'est pas par les œuvres de la loi que l'homme est déclaré juste, mais par la foi en Jésus-Christ.   La justification — être déclaré juste devant Dieu, être accepté dans son peuple — vient de la foi seule. Pas des sacrements accomplis, pas de la dîme versée, pas du baptême reçu, pas des commandements observés. Ces choses ont leur place dans la vie chrétienne, mais elles ne sauvent pas. C'est Jésus-Christ seul qui sauve.   Cette vérité est encore prêchée de travers au Québec. L'idée que « si tu es une bonne personne, tu vas être sauvé » est un Évangile d'œuvres. Paul s'y oppose radicalement.   La réponse au double jeu : vivre de l'intérieur   Alors si la loi ne dirige plus nos actes, qu'est-ce qui empêche de faire n'importe quoi ?   C'est l'objection que Paul anticipe — et c'est exactement la réaction qu'un jeune de notre église a eue récemment quand on lui expliquait la grâce : « Ça veut dire qu'on peut faire n'importe quoi ? »   La réponse se trouve au verset 20, l'un des versets les plus profonds du Nouveau Testament :   J'ai été crucifié avec Christ. Ce n'est plus moi qui vis, c'est Christ qui vit en moi.   Ce n'est pas un idéal lointain. C'est une réalité spirituelle. Le Saint-Esprit — l'Esprit de Jésus — habite en chaque croyant. Et Jésus en nous n'est pas sans puissance, sans direction, sans transformation. Ce n'est pas le chrétien qui s'efforce de « bien se comporter » par discipline personnelle. C'est Jésus qui vit sa vie en nous et à travers nous — dans l'amour, dans le don, dans l'authenticité.   L'hypocrisie est exactement l'opposé de ça : substituer le regard humain au regard de Dieu. Se cacher derrière un faux visage. Dissocier la vérité confessée de la vie vécue.   La solution, c'est laisser le Seigneur transformer la pensée de l'intérieur. Pas une performance externe, mais une transformation réelle.   Pierre n'est pas resté dans l'hypocrisie   Il y a quelque chose d'encourageant dans la suite de l'histoire de Pierre. Des années après l'incident d'Antioche, dans sa première lettre, il écrit à des croyants non-Juifs :   > Vous êtes une race élue, un sacerdoce royal, une nation sainte, un peuple acquis… Vous qui autrefois n'étiez pas un peuple, vous êtes maintenant le peuple de Dieu.   Il l'avait pleinement assumé. Il était sorti du double jeu. La transformation avait eu lieu — pas instantanément, mais réellement.   Et plus touchant encore : dans 2 Pierre 3.15–16 , Pierre parle de Paul comme d'un « bien-aimé frère » à qui Dieu a donné une sagesse particulière. L'homme qui l'avait repris publiquement — Pierre le cite avec tendresse et reconnaissance.   Il n'a pas gardé l'amertume. Il a grandi.   Pour toi, aujourd'hui   Y a-t-il un domaine de ta vie où tu joues un double jeu ? Un aspect de ta pensée ou de ton comportement qui change selon qui est dans la pièce ? Une vieille conviction sur les autres, sur toi-même, sur ce qu'un chrétien devrait faire — et tu sais au fond de toi que ce n'est pas ce que l'Évangile dit ?   Laisse le Seigneur t'affranchir là-dessus. Ce n'est pas toi qui dois te redresser par tes propres forces. C'est lui qui vit en toi, et il t'amène — comme il a amené Pierre — à marcher dans ce qu'il a pleinement pour toi.   Et si tu portes de l'amertume envers quelqu'un qui t'a repris avec raison — même si ça a été difficile, même si ça a fait mal — c'est peut-être le moment de pardonner. De relâcher. De passer à une vie libre dans l'amour et la vérité.   Pour aller plus loin : Ce message fait partie de la série Galates — L'Évangile sans compromis . Des capsules complémentaires sont disponibles sur la chaîne YouTube de l'Église Fusion et sur notre page Facebook. Des questions sur Galates 1 ou 2 ? Écris-nous — on y répondra en semaine. Message du pasteur David Naud résumé par Claude

  • L'Évangile de l'apôtre Paul approuvé !

    Série : Galates, l'Évangile sans compromis - partie 3 Comme il ne peut y avoir qu’un seul Évangile et qu’on ne peut pas y ajouter quoi que ce soit, l’apôtre Paul se propose de démontrer l’unicité de son évangile. Comment ? Au moyen d’un témoignage qui est en fait une thèse. Une thèse est une démonstration argumentée d'une théorie ou d'un point de vue spécifique, soutenu devant un jury. Quelle est cette thèse ?   Gal. 1.11-12  Je vous déclare, frères, que l’Évangile qui a été annoncé par moi n’est pas de l’homme; car je ne l’ai ni reçu ni appris d’un homme, mais par une révélation de Jésus-Christ.   Son argumentaire commence avec l’affirmation que son évangile est le résultat d’une révélation, qui est précisément le dévoilement d’une parole, d’une personne ou du plan de Dieu, inaccessible par un moyen humain quelconque. C’est pourquoi l’Évangile ne peut pas être une œuvre de la science, ni être prouvé par la science. Il est donné par Dieu, par le moyen d’une révélation qui doit être reçue par la foi. Toute modification de cette révélation salvatrice est un acte contre Dieu.   Paul soutient sa thèse grâce à cinq affirmations :   1) J’avais une profonde aversion pour l’Église (1.13-14) ; 2) J’ai été mis à part dès le sein maternel (v.15-16) ; 3) Je ne suis pas allé à Jérusalem pour consulter les premiers apôtres (v.17-24) ; 4) Ce n’est que quatorze ans après que j’ai rencontré les apôtres (2.1-10) ; 5) Ils m’ont approuvé.   La résistance que l’apôtre a rencontrée lors de sa présentation a mis en lumière deux grandes vérités pour nous : l’Évangile nous a délivré de la puissance du péché, et c’est la vérité ; et cette délivrance nous a rendus libres pour servir Dieu.

  • Un seul Évangile

    Série : Galates, l'Évangile sans compromis - Partie 2 La lettre aux Galates fait partie de ces deux grands textes de Paul (Romains et Galates) qui ont pour but de montrer que la loi ne peut pas justifier personne devant Dieu. Le début de la lettre aux Galates est d’autant plus intéressant, puisqu’il commence avec une affirmation sans condition : il n’y a qu’un seul Évangile. Le problème qui sous-tend tout ce texte de Paul est celui des judaïsants qui avaient infiltré leur communauté. Ceux-ci imposaient aux Galates l’observance de la loi mosaïque (notamment la circoncision et d’autres traditions) comme étant nécessaire au salut. Ils prônaient un ajout qui déformait l’essence de l’Évangile…  la loi de Moïse et la circoncision. Pour nous, les croyants bibliques, l'Évangile désigne la bonne nouvelle du salut  offert par Dieu à travers la vie, la mort et la résurrection de Jésus-Christ et le don du Saint-Esprit (1Co 15.1-9). Ceux qui ajoutent une quelconque loi ou pratique seront livrés au jugement d’anathème qui signifie être sous la malédiction de Dieu. Nous ne pouvons pas accepter aucun autre message que celui qui nous est donné par le témoignage apostolique (le NT). Aucune religion, dénomination, pratique religieuse ou de simplement aller à l’église, de prière, de prédicateur, de spiritualité ou de self-improvement  ne peut conduire ou produire une vie après la mort dans le ciel avec Dieu. Alors, rappelons-nous cette parole de Jésus : Je suis le chemin, la vérité, et la vie. Nul ne vient au Père que par moi . (Jean 14.6)

  • Galates : l'Évangile sans compromis

    Série : Galates, l'Évangile sans compromis - Partie 1 Nous avons commencé une nouvelle série biblique dans l’épître aux Galates, sous un thème fort et nécessaire : Galates, l’Évangile sans compromis . Ce n’est pas un simple slogan. C’est un enjeu vital. Car dès les débuts de l’Église, l’Évangile a été attaqué, déformé, dilué. Et chaque fois que l’Évangile est affaibli, les conséquences sont graves : la grâce devient floue, la foi perd sa force, les vies ne sont plus transformées, et les églises finissent par s’éteindre. L’apôtre Paul écrit aux églises de Galatie dans un contexte de crise. Son autorité est contestée. Son message est remis en question. Des enseignants veulent ajouter des exigences humaines à l’œuvre parfaite de Jésus-Christ. Paul doit donc défendre à la fois son appel  et le vrai Évangile  : celui qui sauve, qui libère, qui transforme. Et ce qui frappe, c’est que dès les cinq premiers versets de cette lettre, tout est déjà là : l’appel de Dieu, la communion fraternelle, la grâce, la paix, la délivrance et la gloire de Dieu. À partir de Galates 1.1-5 , quatre grandes questions émergent pour nous aujourd’hui : Qui t’a établi ? Qui est avec toi ? Que souhaites-tu aux autres ? As-tu été arraché au monde actuel ? Ces quatre questions ne sont pas théoriques. Elles touchent directement notre foi, notre identité, nos relations et notre mission. 1. Qui t’a établi ? Paul ouvre sa lettre de manière directe : « Paul, apôtre, non de la part des hommes, ni par un homme, mais par Jésus-Christ et Dieu le Père, qui l’a ressuscité des morts… » (Galates 1.1) Dès le départ, Paul pose un fondement essentiel : sa mission ne vient pas des hommes . Il n’a pas été établi par une institution humaine, ni validé par un simple mécanisme religieux. Il a été appelé par Jésus-Christ lui-même . Pourquoi insiste-t-il là-dessus ? Parce que son autorité est attaquée. On remet en doute sa légitimité. On essaie de discréditer son message. Mais Paul sait une chose : quand Dieu appelle, l’opposition humaine ne peut pas annuler cet appel. C’est une parole capitale pour nous aussi. Beaucoup de croyants vivent en fonction de l’approbation des autres. Ils avancent si on les encourage, ils s’arrêtent si on les critique. Ils servent si quelqu’un leur donne une place, mais se découragent si cette place disparaît. Pourtant, la vraie stabilité dans la foi ne vient pas de l’opinion des gens. Elle vient de la conviction que Dieu nous a appelés . La vraie question n’est donc pas : Qui t’approuve ? La vraie question est : Qui t’a établi ? Si tu es là seulement à cause d’une personne, tu risques de tomber quand cette personne te déçoit. Si tu sers seulement parce qu’un homme ou une femme t’a demandé quelque chose, tu risques d’abandonner quand la reconnaissance n’est plus au rendez-vous. Mais si tu sais que le Seigneur t’a parlé, t’a sauvé, t’a envoyé, alors tu tiens ferme. Paul avait rencontré Jésus sur le chemin de Damas. Son appel n’était pas une théorie. C’était une rencontre. Une conversion. Une transformation. Une mission. Et cela change tout. Quand l’opposition vient, quand le rejet frappe, quand les critiques se multiplient, celui qui sait que Dieu l’a envoyé possède une assurance intérieure que personne ne peut produire artificiellement. Cette paix-là ne vient pas de l’ego. Elle vient de Dieu. Il faut aussi le dire sans détour : le rejet fait partie du parcours chrétien. Paul l’a vécu. Jésus lui-même l’a vécu parfaitement. Donc si tu souffres parfois d’être incompris, remis en question ou rejeté, tu n’es pas dans une situation étrange. Tu marches sur un terrain que Christ connaît déjà. La solution n’est pas de vivre pour plaire à tout le monde. C’est de revenir à cette conviction: Dieu est vivant, Christ est ressuscité, et c’est lui qui appelle, équipe et envoie. 2. Qui est avec toi ? Le verset suivant semble simple, mais il est extrêmement riche : « Et tous les frères qui sont avec moi…  » (Galates 1.2) Paul ne dit pas seulement : “ Moi, Paul, je vous écris .” Il ajoute : « les frères qui sont avec moi  » . Son appel est personnel, mais il n’est pas isolé. Son autorité vient de Dieu, mais son ministère se vit en équipe. Son message est fort, mais il est porté dans la communion fraternelle. Voilà un point que beaucoup négligent : la foi chrétienne n’a jamais été conçue pour être vécue seul . Oui, il faut une relation personnelle avec Dieu. Oui, il faut entendre la voix du Seigneur. Oui, il faut être enraciné dans une conviction verticale. Mais cette relation verticale avec Dieu doit produire une réalité horizontale : la communion avec des frères et des sœurs. Paul n’est pas un croyant solitaire. Jésus non plus ne l’était pas. Jésus a appelé les douze. Il a formé une communauté. Il a mangé avec ses disciples. Il a marché avec eux. Il a partagé leurs joies et leurs douleurs. Il a pleuré avec Marthe et Marie. Il est allé chez Zachée. Il a participé à des noces. Il s’est laissé entourer. Son ministère était profondément relationnel. Même à Gethsémané, dans l’angoisse, il demande à ses disciples : « Veillez avec moi.  » Cela devrait nous réveiller. Si Jésus, dans son humanité parfaite, a exprimé un besoin de soutien, alors il n’y a aucune honte à reconnaître que nous aussi, nous avons besoin des autres. Avoir besoin d’aide n’est pas un manque de foi. Avoir besoin de frères et de sœurs n’est pas une faiblesse. Vouloir être soutenu dans l’épreuve n’est pas un péché. L’isolement détruit. La solitude choisie pour fuir les relations n’est pas une victoire spirituelle. Elle contredit le cœur de Dieu. Bien sûr, il existe une bonne solitude : celle de la prière, du ressourcement, du silence devant Dieu. Jésus lui-même se retirait pour prier. Mais cette solitude n’était jamais une fuite permanente du corps de Christ. Elle servait à revenir plus pleinement dans la mission et dans la relation. Le problème n’est donc pas de prendre du recul. Le problème, c’est de faire de l’isolement un mode de vie. Alors la question demeure : qui est avec toi ? As-tu des frères et des sœurs qui prient avec toi ? Qui te reprennent quand tu dévies ? Qui t’encouragent quand tu faiblis ? Qui se réjouissent avec toi quand Dieu agit ? Une foi sans Église finit souvent par devenir une foi à sa propre image. Et ça, c’est dangereux. La vérité de l’Évangile n’a pas été confiée à un individu seul, mais à l’Église entière. 3. Que souhaites-tu aux autres ? Paul poursuit avec cette salutation : « Que la grâce et la paix vous soient données de la part de Dieu le Père et du Seigneur Jésus-Christ.  » (Galates 1.3) Ce n’est pas une formule vide. Ce n’est pas une politesse religieuse. C’est un souhait profondément chrétien. Paul ne souhaite pas simplement la réussite, le confort ou une semaine agréable. Il souhaite la grâce  et la paix . La grâce La grâce, c’est la faveur imméritée de Dieu envers des pécheurs. C’est le don que nous ne pouvions pas mériter. C’est le salut offert en Jésus-Christ. C’est Dieu qui vient vers nous avec bonté, pardon, adoption, pardon et restauration. Dans Galates, Paul défendra cette grâce bec et ongles. Pourquoi ? Parce que dès qu’on ajoute autre chose à Christ pour être accepté de Dieu, on détruit l’Évangile. La paix La paix dont Paul parle n’est pas une simple détente émotionnelle. Ce n’est pas un état passager qui dépend des circonstances. Ce n’est pas “je me sens bien aujourd’hui”. La paix biblique est plus profonde. Elle commence par la paix avec Dieu . En Jésus-Christ, nos péchés sont pardonnés. La séparation est brisée. Nous sommes réconciliés avec le Père. Ensuite, cette paix transforme nos relations humaines. En Christ, les barrières tombent. Les divisions ethniques, religieuses, sociales et culturelles perdent leur pouvoir ultime. L’Évangile crée un peuple nouveau. Enfin, cette paix devient intérieure : cette paix qui surpasse l’intelligence, qui ne nie pas les difficultés, mais qui affirme que Dieu demeure souverain au milieu de tout. Et là, une autre question surgit, beaucoup plus personnelle : que souhaites-tu réellement aux autres ? C’est une question révélatrice. Certaines personnes ne pensent presque jamais aux autres, tant elles sont absorbées par leur propre douleur, leur fatigue ou leur intérêt personnel. D’autres pensent aux autres, mais dans l’amertume, dans la comparaison, dans le ressentiment, parfois même dans le désir de vengeance. Ce n’est pas parce qu’on pense beaucoup aux autres qu’on les aime réellement. Paul, lui, souhaite grâce et paix. Voilà le test. Quand ton cœur est rempli de Christ, tu ne cherches pas à écraser les autres, ni à les ignorer. Tu commences à désirer sincèrement leur bien en Jésus-Christ. Mais soyons francs : cela n’arrive pas naturellement dans un cœur blessé, amer ou orgueilleux. Il faut que Dieu guérisse. Il faut qu’il pardonne en profondeur. Il faut qu’il arrache les racines de haine, de dureté, de jalousie ou d’égoïsme. Quand le Seigneur transforme le cœur, les souhaits changent. On cesse de vouloir seulement protéger son territoire. On commence à désirer que les autres goûtent eux aussi à la grâce de Dieu et à sa paix. 4. As-tu été arraché au monde actuel ? Le cœur de l’introduction se trouve ici : « Jésus-Christ s’est donné lui-même pour nos péchés, afin de nous arracher du présent siècle mauvais, selon la volonté de notre Dieu et Père. » (Galates 1.4) Ce verset est dense, puissant, central. Il s’est donné lui-même Jésus ne s’est pas contenté d’enseigner. Il ne s’est pas seulement présenté comme un modèle moral. Il s’est donné lui-même . Son sacrifice a été volontaire. Il n’a pas été forcé contre sa volonté. Il s’est livré par amour, dans l’unité parfaite avec le Père. Pour nos péchés Il n’est pas mort pour lui-même. Il est mort pour nos péchés . C’est la logique du remplacement, de la substitution. Il a pris notre place. Il a porté ce que nous méritions. Il a assumé le jugement que nos fautes appelaient. Sans cette vérité, la croix devient un symbole flou. Avec cette vérité, elle redevient ce qu’elle est : le lieu où le Fils de Dieu s’est offert pour sauver des pécheurs. Afin de nous arracher du présent siècle mauvais Le salut n’est pas seulement pardon. Il est aussi délivrance . Jésus ne nous pardonne pas pour nous laisser esclaves du même système de pensée, des mêmes chaînes, des mêmes ténèbres. Il nous arrache. Il nous libère. Il nous transfère d’un règne à un autre. Le “présent siècle mauvais” désigne ce monde marqué par le péché, la corruption, l’orgueil, la rébellion, l’injustice et la mort. Christ ne nous sauve pas simplement pour améliorer un peu notre confort spirituel. Il nous sauve pour nous faire entrer déjà maintenant dans la réalité du royaume de Dieu. Autrement dit, la foi chrétienne n’est pas juste une opinion religieuse. C’est une nouvelle naissance. Une délivrance réelle. Un changement d’appartenance. Une autre manière de vivre, de penser, d’aimer, d’espérer. Alors la question n’est pas seulement : Crois-tu certaines vérités sur Jésus ? La question est : As-tu été arraché ? As-tu connu cette libération ? As-tu vu Christ transformer tes désirs, tes pensées, ton rapport au péché, ton espérance ? Es-tu encore entièrement façonné par ce monde ou bien le royaume de Dieu a-t-il déjà commencé son œuvre en toi ? L’Évangile sans compromis ne dit pas seulement : “Tu peux être pardonné.” Il dit aussi : “Tu peux être libéré.” Tout est pour la gloire de Dieu Paul termine son introduction par une doxologie : « À qui soit la gloire aux siècles des siècles ! Amen . » (Galates 1.5) Et c’est la bonne fin. Parce qu’au bout du compte, l’Évangile n’a pas l’homme pour centre, mais Dieu pour centre . Dieu ne tourne pas autour de nous. Nous sommes appelés à vivre pour lui. Le salut, la grâce, la paix, l’appel, la communion, la délivrance : tout cela vise la gloire de Dieu. Cette vérité remet les choses à leur place. Elle casse notre égocentrisme. Elle réduit notre orgueil. Elle apaise aussi certaines de nos frustrations, parce qu’elle nous rappelle que notre vie ne trouve pas son sens ultime dans notre confort, mais dans la gloire du Seigneur. Conclusion Galates commence fort, et il commence juste. Avant même d’entrer dans les grands débats doctrinaux de la lettre, Paul nous place déjà devant quatre questions que nous ne pouvons pas éviter : Qui t’a établi ? Qui est avec toi ? Que souhaites-tu aux autres ? As-tu été arraché au monde actuel ? Voilà un excellent début pour une série sur l’Évangile sans compromis . Parce qu’un Évangile intact produit des croyants établis par Dieu, enracinés dans la communion fraternelle, remplis de grâce et de paix, et réellement libérés du monde présent pour vivre à la gloire de Dieu. Et c’est exactement ce dont l’Église a encore besoin aujourd’hui.    Message du pasteur David Naud résumé par ChatGPT

  • Du plus vieux au plus jeune

    Série : De génération en génération - Partie 3 Il ne faut pas lire très longtemps dans l’AT pour découvrir que Dieu a instauré le principe de la transmission de sa révélation par le moyen des relations (Dt 6.4-9). La parole révélée doit s’installer dans le cœur pour ensuite se déverser dans les cœurs qui nous entourent, principalement ceux de nos enfants, qui à leur tour la déverseront dans le cœur de leurs enfants. C’est pour cette raison que ce passage insiste sur la globalité : toutes les relations doivent s’imprégner de la parole de Dieu. Alors, trois choses doivent sous-tendre nos relations. La première est la présence continuelle . Deuxièmement, cette présence doit être caractérisée par la cohérence entre les paroles et la foi vécue . Troisièmement, la confiance est un état d’âme nécessaire qui soutient toute communication dans la vérité. Quatrièmement, il ne faut surtout pas oublier l’amour qui est la couronne de toutes les relations. Que nous faut-il transmettre aux autres, aux générations plus jeunes que nous, nous les croyants plus vieux ? 1) Notre connaissance biblique , bien sûr. 2) Nos expériences personnelles avec Dieu sont aussi un apport efficace pour la transmission de la connaissance de Dieu, parce que celui que nous adorons est directement impliqué dans nos vies. 3) Il faut aussi transmettre notre connaissance du péché et de son pouvoir , ainsi que nos péchés (dans la mesure où cela est probant). Les plus jeunes ont besoin de savoir que nous ne sommes pas des invincibles et qu’ils ne le sont pas non plus. Alors, toi qui es plus âgé dans la foi, n’oublie pas ces jeunes qui sont à ta portée et transmets-leur ta foi !

  • Fondements de notre spiritualité évangélique

    Les pères de l’Église postapostolique ont utilisé le mot périchorèse  pour décrire la relation des personnes de la Trinité, ainsi que la relation entre les deux natures du Christ Jésus. Le mot grec « périchorèse » (περιχώρησις) signifie littéralement « entourer » ou « envelopper » « rotation ». De ce mot, trois idées principales émergent : la cohabitation, la mutualité et la participation active. Les trois personnes de la Trinité sont inséparables ; elles gardent chacune d’elle leur propre personnalité et leur identité est sans confusion (le Père n’est pas le Fils ou l’Esprit et les deux autres ne sont pas le Père). Comme il n’y a qu’une seule nature divine, ces trois personnes (hypostases) cohabitent ensemble et constituent la nature divine. Il n’y a pas trois dieux (le trithéisme), mais un seul Dieu en trois personnes.   Le terme perichoresis est parfois comparé à une « danse divine ». Cette métaphore suggère un mouvement dynamique et continu D’AMOUR et de COMMUNION entre le Père, le Fils et le Saint-Esprit dans la DIVERSITÉ. De plus, la périchorèse caractérise l'UNITÉ INDIVISIBLE et la DISTINCTION des trois personnes. Le Père, le Fils et l'Esprit sont des personnes distinctes, mais elles partagent une seule essence (un en trois ou trois en un). La relation périchorétique est aussi marquée par un amour et une communion parfaite. Chaque personne de la Trinité aime, honore et glorifie éternellement les deux autres. L’amour est donc l’essence relationnelle du mouvement intérieur à la Trinité.   Pourquoi prendre le temps de bien définir, dans la mesure du possible, cette relation typique ? C’est parce qu’elle est le modèle de toutes les relations (le mariage, la famille, les amitiés ou l’Église).   La grande vérité, c’est que nous les croyants, nous sommes dans une relation périchorétique avec la Trinité : Dieu est en Christ et nous sommes en Christ. De plus, la Trinité est en nous. Voici la profonde vérité qui sous-tend non seulement notre rédemption, mais aussi l’assurance d’une relation perpétuelle avec Dieu et entre nous. Prenez le temps de lire les textes suivants : Jn 10.38 ; 14.10 ; 17,21 ; 2 Co 5.17 ; 19, 21) et les passages de Jn 17.20-26 et 2 Pi 1.3-4.   En conclusion : 1. Nous cohabitons avec le Père, le Fils et le Saint-Esprit et eux cohabitent avec nous. 2. Nous avons une relation de mutualité tout en restant des créatures - PÈRE-FILS-ESPRIT en moi et moi dans PÈRE-FILS-ESPRIT 3. Nous participons activement à la communion éternelle d’amour divine/humaine.

bottom of page