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Sortir de la nuit : le parcours de foi de Nicodème et Jean 3.16

Il y a des versets bibliques qu'on connaît si bien qu'on finit par ne plus les entendre. Jean 3.16 en est l'exemple parfait : affiché sur des banderoles dans les stades, partagé sur Instagram, gravé sur des bijoux. En un verset, tout l'Évangile. Et pourtant, combien d'entre nous connaissent vraiment le contexte de cette parole ? À qui Jésus la disait-il ? Et surtout : qu'est-ce que ça change ?


Nous allons explorer le parcours d'un homme qui a tout changé pour moi dans la lecture de ce verset : Nicodème.


Qui était Nicodème ?


Le prénom Nicodème vient du grec Nikodêmos : nikos (victoire) et dêmos (le peuple). Victorieux du peuple. C'est la marque Nike qui nous en rappelle la racine. Mais ce qui est frappant, c'est de découvrir à la fin de son histoire à quel point ce nom était prophétique.


Nicodème était un pharisien, un chef des Juifs. Un intellectuel brillant, un homme profondément versé dans la Loi de Moïse et les Écritures. Pas un ignorant. Pas un sceptique qui n’a pas fait de recherches sur le messie. C'est précisément ce qui rend son parcours si interpellant.


la nuit de la curiosité

Épisode 1 — Jean 3 : la nuit de la curiosité


La première fois qu'on rencontre Nicodème, c'est dans l'obscurité. Il vient trouver Jésus de nuit.


"Maître, nous savons que tu es un enseignant envoyé par Dieu, car personne ne peut faire ces signes miraculeux que tu fais si Dieu n'est pas avec lui." (Jean 3.2)

Il reconnaît quelque chose d'extraordinaire en Jésus. Mais il vient en secret. Peut-être par peur de ce que ses collègues pharisiens penseraient. Peut-être parce qu'il n'est pas encore prêt à s'afficher.


Jésus lui répond avec une parole déconcertante : "À moins de naître de nouveau, personne ne peut voir le royaume de Dieu." Nicodème, l'homme de connaissance, bute sur cette image. Il pense en termes biologiques : "Comment un homme peut-il naître quand il est vieux ?"


C'est cette incompréhension même qui provoque la réponse de Jésus — et quelques versets plus tard, le verset le plus célèbre de la Bible :


"Car Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse pas, mais ait la vie éternelle." (Jean 3.16)

Jean 3.16 n'est pas une affiche de stade. C'est une réponse personnelle. C'est Jésus qui parle à un homme religieux, cultivé, sincère — et qui lui dit : ta religion ne suffit pas. Quelque chose de nouveau doit naître en toi.


Nicodème repart dans la nuit. Sans réponse explicite à Jésus. Sans déclaration de foi. Le texte ne nous dit pas ce qu'il pense. Mais quelque chose a été semé.


Épisode 2 — Jean 7 : la nuit de la défense


Des mois passent. Dans Jean 7, la tension monte autour de Jésus. Les foules sont divisées : certains disent qu'il est le prophète, d'autres le Messie, d'autres encore cherchent à l'arrêter. Les chefs religieux sont furieux.


C'est là qu'on retrouve Nicodème — non plus dans la nuit, mais dans la salle du conseil des pharisiens. Et là, il prend la parole :


"Notre loi condamne-t-elle un homme avant de l'entendre et de savoir ce qu'il a fait ?" (Jean 7.51)

Ce n'est pas encore une confession de foi. Il ne dit pas : "Jésus est le Messie." Mais il refuse qu'on condamne cet homme sans l'écouter. Il défend un principe de justice. Et dans ce contexte, c'est courageux.


Ses collègues le remettent à sa place : "Es-tu toi aussi de la Galilée ?" — manière de dire : t'es-tu laissé embarquer dans cette folie ?


Nicodème se tait. La scène se termine ainsi. Mais le cheminement intérieur continue. On voit un homme qui n'est pas encore prêt à tout mettre sur la table — mais qui ne peut plus se taire non plus.


C'est une étape que beaucoup d'entre nous connaissent. Ce moment où on commence à défendre ceux qui croient, à trouver du bon sens dans la foi chrétienne, sans pour autant s'identifier pleinement à Jésus. On est dans le Jean 7 de notre vie.


Épisode 3 — Jean 19 : sortir de la nuit


Et puis vient la croix.


Jésus est mort. Les disciples sont terrés dans une maison, morts de peur. Tout semble terminé.


C'est à ce moment précis que Nicodème fait son entrée la plus mémorable. Avec Joseph d'Arimathée, il demande le corps de Jésus à Pilate. Il apporte 30 kg de myrrhe et d'aloès — une quantité royale, réservée aux plus grands. Et avec soin, avec honneur, il enveloppe le corps de Jésus dans des bandelettes et le dépose dans un tombeau neuf.


"Nicodème, l'homme qui auparavant était allé trouver Jésus de nuit..." (Jean 19.39)

L'évangéliste Jean veille à rappeler qui est cet homme. Ce n'est pas un détail. C'est l'arc narratif complet : celui qui était venu dans la nuit est maintenant en plein jour, exposé, identifié. Il ne défend plus un principe. Il honore un Seigneur.


Les disciples — ceux qui avaient suivi Jésus durant trois ans — se cachent. Nicodème, lui, sort de l'ombre. Au risque de sa réputation. Au risque de sa vie. Avant même d’avoir vu le Christ ressuscité.


C'est là, je crois, que Nicodème a réellement placé sa foi en Jésus-Christ. Non pas dans un moment d'euphorie, mais dans la fidélité silencieuse à celui qui est mort, reconnaissant que le Messie a donné sa vie pour le pardon de ses péchés, et ceux de l’humanité (Ésaïe 53).


La leçon de Nicodème pour nous


Ce qui me touche dans ce parcours, c'est sa lenteur réaliste. Comme plusieurs québécois, Nicodème ne fait pas une décision instantanée au premier culte. Son cheminement s'étire sur des mois, peut-être des années, à travers des doutes, des questions, des demi-pas.

Et Jésus ne l'abandonne pas entre Jean 3 et Jean 19.


C'est une grâce pour tous ceux qui se trouvent en chemin. Peut-être vous reconnaissez-vous dans l'un de ces moments :


  • Jean 3 — Vous commencez à explorer la foi, mais en secret. Vous lisez, vous posez des questions, mais vous n'êtes pas prêt à en parler autour de vous.

  • Jean 7 — Vous commencez à défendre les chrétiens, à trouver sensé de croire en un créateur, mais vous ne vous identifiez pas encore pleinement à Jésus.

  • Jean 19 — Vous êtes prêt à vous afficher. À dire : "Moi aussi, je crois en lui." Peu importe ce que les autres pensent.


Où en êtes-vous dans ce processus ?


Jean 3.16 : ce n'est pas une affiche — c'est une invitation


Il y a quelque chose d'émouvant à réaliser que Jean 3.16 a été dit à quelqu'un qui se croyait déjà juste. Nicodème connaissait les Écritures mieux que la plupart. Il respectait la Loi. Il était considéré. Et Jésus lui dit : ta connaissance ne suffit pas. Tu as besoin d'être né de nouveau.


Au Québec, on entend souvent : "Je suis une bonne personne." Et c'est peut-être vrai. Mais la bonté humaine n'est pas le critère. Jean 3.16 nous dit que Dieu a tant aimé — non pas parce que nous le méritons, mais parce que c'est sa nature. Et il a donné son Fils pour que nous puissions être réconciliés avec lui.


C'est ça, l'Évangile. Pas une religion de performances. Pas une liste de règles à respecter. Mais une relation offerte gratuitement, scellée par le sacrifice de Jésus-Christ, rendue accessible à quiconque croit.


Quiconque. Pas seulement les pharisiens cultivés. Pas seulement les gens bien. Vous pouvez mettre votre prénom à la place de ce mot.

 

Pour conclure


Le parcours de Nicodème nous rappelle que la foi n'est pas toujours un interrupteur qu'on actionne d'un coup. C'est souvent un cheminement — fait de questions, de demi-pas, de silences, et un jour, d'un acte décisif.


Là où vous en êtes dans ce parcours, Jésus vous parle comme il a parlé à Nicodème. Pas avec condescendance. Avec amour.


Car Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse pas, mais ait la vie éternelle.


Cet article est tiré du message Sortir de la nuit du dimanche de Pâques 2026 de l'Église Fusion, Granby, Québec. Pour en savoir plus ou pour rejoindre notre communauté, visitez notre site ou passez nous voir le dimanche matin.

 


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