Vivre aujourd’hui pour l’éternité : consommateur ou investisseur ?

Et si notre manière de vivre aujourd’hui révélait ce que nous croyons réellement au sujet de l’éternité ?
Chaque jour, nous faisons des choix : comment utiliser notre temps, dépenser notre argent et investir notre énergie. Mais ces décisions sont-elles guidées uniquement par notre bien-être immédiat ou par la conviction que notre vie se poursuit au-delà de la mort ?
La Bible nous invite à réfléchir à une vérité fondamentale : la résurrection des morts. Cette doctrine n’est pas simplement une promesse pour l’avenir. Elle transforme notre manière de vivre aujourd’hui.
Deux passages nous éclairent particulièrement : 1 Corinthiens 15.32-34 et Hébreux 9.27-28.
Une question se pose alors : sommes-nous des consommateurs de la vie ou des investisseurs pour l’éternité ?
1. Deux façons de réagir à la réalité de la mort
Nous savons tous qu’un jour, notre vie terrestre prendra fin. Cette réalité peut produire deux réactions très différentes.
La première consiste à dire : «Puisque nous allons mourir, profitons de la vie au maximum !» C’est l’idée populaire du YOLO (You Only Live Once) : on ne vit qu’une seule fois. Il faut donc multiplier les expériences et rechercher le bonheur pendant qu’il est encore temps.
La deuxième réaction découle de la foi chrétienne : « Puisque nous allons mourir, préparons-nous à rencontrer Dieu ! »
Au XVIIe siècle, le mathématicien et philosophe chrétien Blaise Pascal proposait une réflexion célèbre, connue sous le nom de pari de Pascal. Il soutenait que, devant la possibilité de l’existence de Dieu, l’être humain devrait considérer sérieusement les conséquences éternelles de son choix.
Si Dieu existe, ne pas croire en lui comporte des conséquences infiniment plus importantes que les avantages temporaires d’une vie vécue sans cette perspective.
Bien entendu, la foi chrétienne ne se réduit pas à un calcul de probabilités. Elle repose sur Jésus-Christ, sa mort et sa résurrection. Néanmoins, Pascal nous rappelle une question essentielle : avons-nous réellement mesuré les conséquences de ce que nous croyons concernant l’éternité ?
2. Si les morts ne ressuscitent pas, profitons de la vie !
Dans sa première lettre aux Corinthiens, Paul s’adresse à des chrétiens dont certains commencent à remettre en question la résurrection des morts.
Il écrit : «Si les morts ne ressuscitent pas, mangeons et buvons, car demain nous mourrons.» — 1 Corinthiens 15.32
Paul pousse ici le raisonnement jusqu’à sa conclusion logique. Si la mort constitue la fin de notre existence, pourquoi souffrir pour annoncer l’Évangile ? Pourquoi supporter les persécutions et consacrer sa vie à une mission dont les conséquences éternelles seraient inexistantes ?
Mais Paul affirme avec force que Jésus-Christ est réellement ressuscité et que sa résurrection garantit celle des croyants.
Si Christ est ressuscité, notre vie présente n’est pas simplement une occasion de consommer ce que le monde nous offre. Elle devient une occasion d’investir dans ce qui possède une valeur éternelle.
Cette vérité devrait influencer nos ambitions, nos finances, nos relations et notre engagement envers Dieu.
3. Une société influencée par la recherche du confort
À l’époque de Paul, le monde gréco-romain était marqué par différentes écoles philosophiques, notamment l’épicurisme.
Épicure, philosophe grec ayant vécu de 341 à 270 av. J.-C., enseignait que le bonheur consistait notamment à rechercher l’absence de souffrance physique et de trouble intérieur.
Contrairement au sens moderne du mot épicurien, sa philosophie ne valorisait pas nécessairement les excès, mais plutôt une existence paisible. Il considérait également que la mort mettait fin à l’expérience consciente de l’être humain.
Cette vision présente des ressemblances avec certaines tendances de notre société.
Aujourd’hui, nous entendons régulièrement des expressions comme « Choisis-toi ! », « Tu le mérites ! », « Profite de la vie ! » ou « L’important, c’est ton bonheur ! »
Ces affirmations peuvent contenir une part de vérité. Il est légitime de prendre soin de soi et d’apprécier les bonnes choses de la vie.
Le problème apparaît lorsque notre confort devient notre valeur suprême.
Que se passe-t-il lorsque servir Dieu exige un sacrifice ? Lorsque pardonner devient difficile ? Lorsque notre prochain a besoin de nous alors que nous préférerions nous reposer ?
Une foi centrée sur le confort risque de nous éloigner de l’exemple de Jésus-Christ, qui a donné sa vie par amour pour nous.
Le chrétien n’est pas appelé à rechercher inutilement la souffrance, mais il doit reconnaître que la fidélité à Dieu peut parfois exiger des renoncements.
4. Ce que nous croyons influence notre manière de vivre
Paul poursuit son enseignement : « Ne vous y trompez pas : les mauvaises compagnies corrompent les bonnes mœurs. » — 1 Corinthiens 15.33
Dans son contexte, cet avertissement concerne notamment l’influence de ceux qui remettaient en question la résurrection.
Paul comprend qu’une fausse croyance peut produire de mauvaises habitudes.
Il ne s’agit donc pas seulement de bien choisir nos amis. Nous devons également discerner les idées qui façonnent notre manière de penser.
Les réseaux sociaux, la publicité et la culture populaire véhiculent constamment des messages concernant le bonheur, la réussite et l’épanouissement personnel.
Sans vigilance, nous pouvons adopter progressivement une vision de la vie où tout tourne autour de nous-mêmes.
Pour Paul, une véritable compréhension de la résurrection finit nécessairement par se manifester dans notre comportement.
Deux affirmations méritent notre attention :
Ce que nous croyons concernant la vie après la mort influence notre manière de vivre aujourd’hui.
Ce que nous croyons et faisons aujourd’hui possède des conséquences qui dépassent notre existence terrestre.
Croire à la résurrection, c’est donc apprendre à vivre chaque journée dans la perspective de l’éternité.
5. Investir dans des trésors qui ne disparaîtront jamais
Dans le Sermon sur la montagne, Jésus invite ses disciples à revoir leurs priorités :
« Amassez-vous des trésors dans le ciel [...] Car là où est ton trésor, là aussi sera ton cœur. » — Matthieu 6.20-21
Nous savons investir dans notre avenir terrestre : retraite, maison, carrière et bien-être familial. Ces responsabilités sont légitimes.
Mais investissons-nous avec la même intention dans notre avenir éternel ?
Investir pour l’éternité ne signifie pas seulement faire des dons financiers à une Église ou à une œuvre missionnaire.
C’est également :
Pardonner à quelqu’un qui nous a blessés.
Résister à une tentation par amour pour Dieu.
Servir sans attendre de reconnaissance.
Annoncer Jésus-Christ à une personne qui ne le connaît pas.
Persévérer même lorsque les résultats sont lents.
Former des disciples et transmettre la foi aux générations suivantes.
Investir auprès de personnes qui ne pourront jamais nous rendre la pareille.
Travailler avec honnêteté et intégrité.
Ces gestes peuvent sembler ordinaires. Pourtant, lorsqu’ils sont accomplis dans la foi et pour la gloire de Dieu, ils possèdent une valeur qui dépasse le moment présent.
L’investissement éternel ne se mesure pas uniquement à la grandeur de nos réalisations, mais à notre fidélité envers ce que Dieu nous confie.
6. Après la mort : le jugement, mais aussi une merveilleuse espérance
L’auteur de l’épître aux Hébreux nous rappelle une réalité fondamentale : « Il est réservé aux hommes de mourir une seule fois, après quoi vient le jugement. » — Hébreux 9.27
Ce verset peut susciter une certaine crainte. Pourtant, il ne faut pas le séparer du suivant :
« De même, Christ, qui s’est offert une seule fois pour porter les péchés de plusieurs, apparaîtra sans péché une seconde fois à ceux qui l’attendent pour leur salut. »
— Hébreux 9.28
Dans l’ancienne alliance, le grand prêtre entrait une fois par année dans le lieu très saint, au jour des expiations, afin d’accomplir les rites prescrits pour les péchés du peuple.
Ces sacrifices devaient être répétés.
Jésus-Christ, lui, s’est offert une seule fois. Par son sacrifice parfait, il a accompli ce que les sacrifices de l’ancienne alliance ne pouvaient réaliser définitivement.
Il est ressuscité, monté au ciel et reviendra un jour pour ceux qui l’attendent.
Pour les croyants, le retour de Jésus-Christ n’est donc pas simplement une annonce de jugement. Il est aussi la promesse de l’accomplissement final du salut.
Nous vivons actuellement dans la tension entre le déjà et le pas encore.
Déjà, nous sommes pardonnés, réconciliés avec Dieu et accueillis dans sa présence par Jésus-Christ.
Mais nous attendons encore la résurrection de notre corps et la pleine réalisation des promesses de Dieu.
Le chrétien ne vit donc ni dans une recherche désespérée du plaisir ni dans une peur permanente du jugement. Il vit dans l’espérance et la fidélité.
7. Comment vivre dès aujourd’hui pour l’éternité ?
L’espérance de la résurrection ne devrait pas nous éloigner de nos responsabilités présentes. Au contraire, elle leur donne une profondeur nouvelle.
La question n’est pas de choisir entre vivre aujourd’hui et penser à l’éternité, mais de vivre aujourd’hui à la lumière de l’éternité.
Quelle place accordons-nous à la prière et à la lecture de la Parole de Dieu ? Utilisons-nous les dons spirituels que Dieu nous a confiés ? Investissons-nous dans notre couple, nos enfants et nos proches ?
Sommes-nous prêts à nous engager davantage dans le service chrétien, la mission ou la formation de disciples ?
Nos loisirs, nos projets personnels et nos ambitions professionnelles sont-ils soumis à la volonté de Dieu ?
Il ne s’agit pas de remplir chaque minute d’activités religieuses. Le repos, la famille, le travail et les loisirs ont leur place dans une vie équilibrée.
Il s’agit plutôt de reconnaître que tout ce que nous sommes et possédons peut être consacré à Dieu.
Notre temps est précieux, nos ressources sont limitées et nos occasions de faire le bien ne sont pas infinies.
Voilà pourquoi chaque journée compte.
Conclusion : espère et investis !
Paul termine son magnifique enseignement sur la résurrection avec cet encouragement :
« Ainsi, mes frères bien-aimés, soyez fermes, inébranlables, travaillant de mieux en mieux à l’œuvre du Seigneur, sachant que votre travail ne sera pas vain dans le Seigneur. »
— 1 Corinthiens 15.58
Quelle merveilleuse promesse !
Les prières faites dans le secret, les sacrifices consentis par amour, les gestes de générosité et les efforts pour transmettre l’Évangile ne sont pas inutiles.
Même lorsque les résultats demeurent invisibles, Dieu connaît notre fidélité.
Nous pouvons profiter avec reconnaissance des bénédictions de cette vie sans en faire notre raison ultime de vivre.
La résurrection de Jésus-Christ change notre avenir, mais elle devrait également transformer notre présent.
Alors, quelle manière de vivre choisissons-nous ?
Consommer notre existence comme si tout se terminait à la mort ou investir dans ce qui demeurera pour l’éternité ?
Espère et investis : ton travail dans le Seigneur n’est pas vain !
Message du pasteur David Naud résumé par Claude




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